Le vrai charme de l’Antarctique !

La première fois que j’ai vu le Continent Blanc, j’ai tout de suite compris que l’Antarctique était unique. C’était la pureté absolue.

Jusqu’à présent, j’ai participé à trois expéditions en Antarctique, deux sur la base Française de Dumont d’Urville et une sur la station américaine de McMurdo.

Mais quand en 2009 nous sommes arrivés à McMurdo, ce n’était pas notre destination finale. Photo in the C-17 Je travaillais à l’époque sur la série Frozen Planet de la BBC et c’est un Twin Otter qui a déposé les 5 membres de notre équipe sur la banquise, au Cap Washington, à 400 kms au nord de McMurdo.

Le voyage en avion est tout simplement extraordinaire, avec la mer gelée sous nos pieds et le volcan Erebus à l’horizon.

A bord du C17

Photographies DR

En route pour le Cap Washington. Au loin, le volcan Erebus…

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Mais avant de se rendre là, il faut suivre un cours de survie sur la glace. On apprend à vivre en autonomie sur la banquise, ce qui se résume à pouvoir dormir et se faire à manger. Un seul mot résume parfaitement la situation. Survie !

On réalise rapidement que de faire bouillir de l’eau devient un exploit, et cuire des pâtes al dente, une mission impossible ! Les mots al dente, ne faisant pas partie du vocabulaire local. Les pâtes arriveront toujours sous forme d’un bloc solide et compact.

Sur le terrain !

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Les pâtes les plus australes !

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« Et on on réalise rapidement que de faire bouillir de l’eau devient un exploit. Les mots al dente, ne font pas partie du vocabulaire local.  »

Nous avons donc atterri quelques jours plus tard sur la banquise, pas très loin de la colonie de manchots empereurs, la deuxième plus importante sur le continent. Notre campement était composé de quelques tentes dont une pour la cuisine et une réservée au matériel cinéma et aux ordinateurs. Le charme de ce camp était la présence perpétuelle de 50 à 60 Manchots qui avaient momentanément élu domicile à nos côtés. La curiosité !

Didier Noirot et la colonie de pingouins.

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Travail de bureau…

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Le camp des pingouins.

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Le compresseur de plongée, pièce maîtresse de notre matériel, restait dehors et n’est jamais tombé en panne.

Cette année là, les manchots n’ont pas eu à marcher longtemps pour trouver la limite de la banquise ou des trous dans la glace. Peut-être 4 à 5 kms tout au plus. De notre côté nous avons trouvé un trou suffisamment fréquenté pour nous permettre de filmer.

L’équipe au boulot.

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La Longue Marche…

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Sous l’eau, le spectacle est encore plus féérique. Tous ces manchots laissant des traces de bulles derrière eux révèlent un portrait unique du monde sous-marin.

Confusion totale.

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Dernière goulée d’air.

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Vers le fond.

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Puis ils disparaissent dans le bleu profond de l’océan pour ne réapparaître que quelques minutes plus tard. Ils atteignent facilement la profondeur de 100 mètres ou plus pour trouver le krill. Je m’allonge alors sur la glace, et attend leur retour en surface. Les premiers réapparaissent dans les rayons de lumière.

Vers la surface.

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Retour en surface.

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Mais c’est la nuit que la magie opère. Bien engoncé dans mon duvet, mon oreille droite entend les chants des empereurs juste de l’autre côté de ma tente, probablement à moins d’un mètre, tandis que mon oreille gauche perçoit les vocalises des phoques de Weddell à travers l’oreiller, quelques centaines de mètres en dessous de moi.

« C’est tout ça, le charme de l’Antarctique ! »